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Epaidf.fr | 25 juillet 2017

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Les archéologues divisés sur le patrimoine syrien - Epaidf.fr

Marc
  • Le 29 décembre 2016

Le régime syrien a invité des archéologues étrangers pour discuter de l’avenir des sites antiques qu’intéressent les russes.

Une réunion choquante pour les archéologues occidentaux

Le jour où l’État islamique reprenait le contrôle de Palmyre dans une attaque éclair alors que l’armée régulière de Syrie reprenait totalement le contrôle d’Alep, un colloque international sur le patrimoine syrien était organisé au Musée de Damas.

A cet effet, le ministère de la Culture et celui du Tourisme syrien avaient invité plusieurs archéologues, des experts et des chercheurs européens mais également américains pour réfléchir sur de «nouvelles visions et propositions pour la le futur du patrimoine syrien», thème de la rencontre, dont l’organisation a choqué certains archéologues. «C’est une erreur d’aller à Damas, du moins pour l’éthique surtout dans ces conjonctures et d’aller rencontrer des ministres au cours d’une audience», déclare indignée l’historienne Annie Sartre-Fauriat, qui voit en cette réunion, une forme de soutien politique au régime de Bachar al-Assad.

Mariée à Maurice Sartre, qui écrit plusieurs œuvres littéraires sur l’histoire de la Syrie, parmi lesquelles figurent Palmyre, vérités et légendes, ont travaillé pendant une quarantaine d’année sur les trésors archéologiques en Syrie. A part eux, d’autres membres du secteur seraient remontées contre leurs collègues qu’ils jugent froids à la grandeur d’endoctrinement de leur présence au milieu d’autorités d’un régime accusé de commettre des désastres». Ces archéologues qui ont participé au colloque de Damas sont présentés comme cela dans une lettre écrite par l’archéologue belge Marc Lebeau du Centre européen de recherches sur la Haute Mésopotamie.

Rendue public avec l’aide de nombreux collectifs d’archéologues étrangers ou syriens, la lettre provoque une controverse agitée entre spécialistes, aussi passionnés que partagés par rapport au patrimoine syrien.

Marc Lebeau note tout de même le côté opportuniste de ces experts qui veulent rapidement reprendre leurs fouilles, de bénéficier des faveurs du pouvoir et d’avoir une place prépondérante pour les prochaines discussions concernant la reconstruction du pays et de la restauration du patrimoine ».

Politiser la science et la culture

Venu à Damas avec des spécialistes du Louvre, le représentant des archéologues français au colloque de Damas, Pierre Leriche, directeur de recherche expérimenté au CNRS, est un ancien des fouilles en Syrie. Ce dernier qui fut le chef de mission sur le site de Doura-Europos, dans le sud-est du pays, justifie sa participation par l’urgence de sauver les antiquités syriennes. Il considère que les détracteurs veulent politiser la culture et la science.